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dimanche 17 juillet 2011

La Perle Noire


Les lagons azur des archipels de Polynésie française abritent depuis des millénaires une merveille animale, connue des polynésiens sous le nom de « Parau » qui signifie littéralement « feuilles de pierre », mère de la plus précieuse et la plus rare des gemmes : la légendaire perle noire, fruit de la mer et privilège de souverain.
Depuis quarante ans, la perle de Tahiti n’est plus un mythe, mais un miracle au quotidien. Les archipels de Polynésie française vivent au rythme des récoltes de perles.
Gemme minérale, d’origine animale, la perle de culture de Tahiti est un produit reconnu sur le marché mondial par la Confédération Internationale de la Bijouterie, de Joaillerie et Orfèvrerie (CIBJO) qui lui a donné ses lettres de noblesse, et le Gemological Institute of America, qui a authentifié ses couleurs naturelles, et la diversité de ses nuances.
Symbole d élégance, de raffinement intemporel, d’exotisme, de sensualité et d’assurance, la perle de Tahiti séduit les célébrités et les icônes de la couture par sa connotation mystique et son chic contemporain.
Les stylistes tels que Jean Paul Gauthier, Karl Lagerfeld, Alexander McQueen et bien d’autres l’ont adoptée, intégrée à leurs collections. Kate Moss, Jerry Hall, Sharon Stone, Liz Taylor, Joan Collins, et toutes les femmes « lumière » les portent.
Savez-vous que la perle noire possède un pouvoir d’attraction intemporelle, associée depuis toujours au désir, à la jeunesse et à une harmonie tant spirituelle que sexuelle ? Ce pouvoir d’attraction est indifférent aux effets de la mode, aux notions : d’actualité, de présent, de passé et d’avenir.
Son pouvoir vient de la mer. – Pure, renouvelée et éternelle -. Sa sereine beauté est rassurante. Son magnétisme souligne ses qualités lunaires : une densité des couleurs associée à une luminosité intérieure tout en profondeur.
La perle de Tahiti présente un spectre chromatique des plus enchanteurs qui va d’un gris très ombré, proche du noir, à un rose luminescent, teinté d’exquises nuances “aile de mouche”, “de pourpre aubergine”, de bleu marine.
Selon la légende moderne, la perle de Tahiti provient du hasard de la nature : un grain de sable entra dans la sensible nacre, l’huître perlière; celle-ci décida de garder cet intrus en son sein et de lui donner une forme arrondie. Bercée par les vagues, elle enfanta une perle, unique et belle, comme on la chantait dans les légendes des Salomons.
La perle de Tahiti est devenue le symbole de l'espoir dans le cœur et l’esprit de l’être humain.


dimanche 27 février 2011

La Vanille, reine du salon international de l'agriculture

Le stand de la Polynésie française au Salon International de l’Agriculture (SIA), porte de Versailles à Paris, a mis en valeur, cette année, la vanille de Tahiti. Le premier ministre François Fillon et Marie-Luce Penchard s’y sont arrêtés et ont pu mesurer les efforts des professionnels de la filière. Des efforts couronnés de succès lors du Concours Général Agricole 2011. Ce concours distingue les meilleurs représentants de chaque catégorie de produits alimentaires agricoles récoltés sur le territoire français .

« Pour la deuxième participation au salon de l’agriculture, la moitié du stand institutionnel a été consacrée à la vanille. Et ça marche du tonnerre! Nous ne sommes d’ailleurs pas assez nombreux pour répondre à toutes les questions. C’est tant mieux. Cela veut dire qu’il y a un réel engouement pour les produits naturels » s’est réjouie Tatiana Hart, Directrice de l’établissement Vanille de Tahiti .
Cette année 2011 est à marquer d’une pierre blanche car pour la première fois la vanille polynésienne
obtient trois médailles d’or, une médaille d’argent, ainsi que le prix de l’excellence pour l’un des producteurs médaillé pour la quatrième fois consécutive.

Une voie d’avenir

L’établissement est en charge de la production, des conditions de préparation, des documents d’expertise ainsi que de l’exportation et de la promotion : « Toute la filière est ainsi réunie dans un seul établissement » a précisé sa directrice.
La Polynésie française compte 937 producteurs de vanille dont 80% aux Iles-Sous-Le-Vent. Si ce nombre paraît important la production de vanille demeure encore « une voie d’avenir pour les jeunes sérieux et motivés »selon Tatiana Hart.
Le premier marché cible de l’établissement est la métropole, principale destination des exportations, avec plus de six tonnes par an. Juste après, viennent les marchés Europe du Nord et Amérique du Nord devenus de véritables places de distribution dans le monde entier.
Outre les salons grand public en métropole, comme le SIA, l’établissement Vanille de Tahiti participe à des salons professionnels au Canada ou en Allemagne.
A Paris, l’établissement s’est attaché les services, avec l’aval de Frédéric Riveta, ministre de l’Agriculture, de Jean-Pierre Despériers, ambassadeur passionné de la vanille, « très heureux de faire connaître ce très beau produit ».

Une niche à exploiter

Jean-Pierre Despériers s’est dit «persuadé du fort impact d’une telle manifestation. Je regrette d’ailleurs qu’il n’y ait personne du GIE Tahiti Tourisme car énormément de gens me demandent comment aller à la rencontre des agriculteurs tout en faisant du tourisme. On sent que des personnes qui ont les moyens, ont envie de venir voir ce que nous faisons en agriculture. Il y a là une niche faramineuse à exploiter ».
Pour sa part, Maeva Salmon a jugé que le public nombreux qui se pressait autour du stand était « du prospect pour la destination. C’est un public qui est extrêmement captif. C’est pourquoi notre présence est absolument nécessaire ». Dans son esprit, participer à de tels salons grand public est important «même s’il ne faut pas que l’on se disperse » a-t-elle suggéré. D’autant que dans l’instant la Polynésie a besoin de combler un déficit d’image : « on ne peut pas vendre du tourisme si l’on n’a pas rétabli notre notoriété » a précisé la déléguée de la Polynésie française à Paris.



(communiqué de la délégation de PF d’après Tahiti info)

jeudi 13 janvier 2011

Sport : va'a

Parmi les activités sportives s’enracinant dans la société pré-européenne, la pratique de la pirogue à balancier ou va’a se démarque. Depuis le début des années 70, le va’a connaît un spectaculaire renouveau. Il rassemble, aujourd’hui, plus de 5 000 polynésiens au sein de la fédération tahitienne de va’a. Plus largement, c’est une pratique de masse avec environ 30 000 adeptes réguliers. Course par étape entre les Iles Sous-le-Vent en va’a ono (équipage de six), la "Hawaiki Nui Va'a" est ainsi devenue l’événement sportif majeur du pays, chaque année, vers la fin octobre.

dimanche 9 janvier 2011

Le surf

Horue en tahitien est une notion commune à plusieurs langues polynésiennes qui exprime entre autres significations, les profondeurs de l'océan que le creux d'une grande vague nous laisse entrevoir. C'est sans doute pour cette raison que par dérivation elle signifie aussi glisser sur une déferlante et aujourd'hui "surfer".  Tombée en désuétude, fa'ahe'e (c'est-à-dire faire glisser) est le terme le plus utilisé actuellement,  ‘iri fa'ahe'e désignant la planche de surf.
Le horue, ce passetemps et divertissement polynésien fut décrit pour la première fois par un des lieutenants du capitaine Cook - aux îles Hawaï, en 1779. Mais il était également pratiqué dans les îles de l’archipel de la Société comme en témoigne James Morrison, un des matelots déserteurs du Bounty, en 1788 : «Pour cet amusement, ils prennent une planche d’une longueur variable et nageant jusqu’à la naissance de la houle attendent la formation d’une vague, quelquefois à plus d’un mille du rivage, et s’étendant à plat ventre sur la planche se tiennent sur l’arrête de la vague de façon à avancer avec elle avec une rapidité extraordinaire. Hommes et femmes excellent dans ce sport et certains sont même capables de se tenir debout sur la planche.»
( Morisson James, «Journal de James Morisson second maître à bord de la " Bounty ».
Traduit de L'anglais par B. Jaunez. Coll. Publication de la société des Océanistes, N 16, Musée de l'Homme. 1966)


Au même titre que les autres jeux et divertissements qui se pratiquaient sur l'eau ou sur la plage comme le tōtōie, le tītīra'ina, le 'aumoa, le pāuma, la pratique du horue participait à l'entraînement des jeunes gens issus des lignées de ari'i, de hiva et de toa dans leur long apprentissage de la navigation: mieux connaître et mieux maîtriser les vents, les houles, les courants, profiter de la puissance des vagues et de la houle pour aller plus vite en apprenant à faire glisser au mieux son embarcation sur le ventre de l'océan. Avec la disparitions de ces lignées socio-politico-religieuses, les populations conservèrent ces jeux qu'ils continuèrent de transmettre aux jeunes générations dans le cadre de compétitions inter-communautaires. Procédés ludiques d'apprentissage et d'entraînement à la navigation, ils devinrent de véritables disciplines sportives de compétition ouvertes à toutes et à tous. A l’époque de Cook, il semble que les Polynésiens utilisaient déjà trois types de planches différents et que leur fabrication répondait à des critères précis inhérents aux compétences à acquérir en terme de glisse.

Avec la colonisation et l’évangélisation des îles polynésiennes, le surf tomba dans l’oubli et fut dévalorisé. Pour la nouvelle religion dominante, il n’était pas convenable de perdre son temps à un tel jeu qui se pratiquait, de surcroît, quasi nu dans l’eau, tant pour les hommes que pour les femmes. Il faudra attendre les années 1920, notamment sous l’impulsion déterminante du Hawaiien Duke Kahanamoku, pour que le surf retrouve ses lettres de noblesses. C’est ainsi qu’une pratique traditionnelle polynésienne a acquis une dimension internationale dans les années 1950-1960 ; devenant, ensuite, un réel sport dans la décennie suivante pour finalement s’imposer comme un véritable style de vie dans les années 1980-90.


Quasiment au centre du plus vaste océan de la planète, les îles polynésiennes sont exposées aux puissantes houles sillonnant le Pacifique. La saison de surf ne connaît donc pas d’interruption.
A peu de distance du rivage, la profondeur de l’océan atteint déjà plusieurs kilomètres car les îles sont les sommets émergés d’anciens volcans. N’étant pas freinées par un relèvement progressif des fonds marins, les houles déferlent brutalement sur les côtes où sur les barrières récifales formant des vagues parmi les plus parfaites et les plus belles du monde. En plus de leur limpidité, les eaux polynésiennes se caractérisent aussi par leur température élevée oscillant entre 23° et 26°. L’ensoleillement très important caractérisant le climat polynésien constitue également un atout non négligeable avec une température moyenne annuelle de 28° environ.

Pays de surf, la Polynésie française compte des grandes figures de cette discipline : Vetea David, premier Polynésien à conquérir le titre de champion du monde junior et qui évoluera pendant 10 ans dans le circuit professionnel; Arsène Harehoe, champion de France en 1983 ; Hira Teriinatoofa, champion du monde amateur ISA en 2004 et aussi Patricia Rossi championne d’Europe en 2000. De nouvelles générations de champions prennent la relève tel Tamaroa Mc Comb, champion du monde junior en 2008 et Michel Bourez, champion d’Europe junior en 2006.
En dehors des circuits de compétitions, les surfeurs polynésiens tel Manoa Drollet, Vetea David, Arsène Harehoe et Raimana Van Bastolaer sont réputés pour la qualité de leur surf, notamment sur les grosses vagues.
Le surf est l’une des activités sportives les plus prisées des Polynésiens. On estime à 20 000, le nombre de surfeurs réguliers dans le pays.
Au-delà du simple loisir sportif, le surf est un véritable phénomène de société. Toute une économie s’est développée autour de cette activité : de la fabrication des planches, les "shapers", aux lignes de vêtements spécifiques en passant par des accessoires. Le surf est présent partout faisant de Tahiti & ses Iles un réel pays de la glisse.
Tout au long de l’année se déroulent une multitude de compétitions.
De plus en plus de surfeurs étrangers passionnés viennent effectuer des «surf-trip». Louant des bateaux et épaulés par des guides-surfeurs locaux, ils partent à la découverte de «spots» inexplorés ou peu connus notamment dans les archipels éloignés comme les Australes, les Marquises et les Tuamotu.

Le mōno'i (et la Route du mōno'i )


Depuis deux millénaires, le mōno'i, terme emprunté par la langue française et devenu ainsi monoï, perpétue l'image de la beauté des vahine qui l'utilisent pour le soin quotidien de leur chevelure et de leur peau. La notion de mōno'i se compose de deux termes premiers: mō est un terme-concept qui renvoie à l'état de civilisation, de culture, au raisonnement par opposition à la sauvagerie et à l'état de nature non civilisée. Le deuxième terme no'i renvoie quant à lui à la notion de mélange, de mixture, d'association. On obtient ainsi mōno'i, nom donné à cette fameuse "huile parfumée" dont la préparation mythique et respectée reproduit des gestes magiques ancestraux et séculaires ainsi que des ingrédients précieux et prestigieux. D'où son utilisation lors de rites sacrés pratiqués dans les archipels des mers du sud. Ce produit de beauté, de thérapie, de soin, d'échange prestigieux, traditionnel, naît du fin mélange de deux produits, grands symboles du patrimoine polynésien : la noix de coco et la fleur de tiare tahiti principalement. 
La base du mōno'i est une huile obtenue par pression à chaud de l’amande séchée de la noix de coco «mûre» provenant du cocotier Cocos Nucifera.



Le tiare tahiti —Gardenia Tahitientis— est un petit arbuste de la famille des rubiacées qui fleurit toute l’année. Ses fleurs régulières d’un blanc neigeux se détachent par contraste sur le vert profond des feuilles vernissées à bords lisses. Emblème de l'île dont il porte le nom, le tiare tahiti possède un parfum unique, puissant et suave, qui envoûte immédiatement le voyageur...
Le mōno'i s’obtient par macération de la tiare, fraîchement cueillie et récoltée l'après-midi, dans une huile de coco préalablement raffinée durant deux à trois semaines.
Il est utilisé au quotidien par toute la famille. Les mamans aiment en oindre les bébés après le bain pour les protéger du froid et assouplir leur peau. Les surfeurs et plongeurs l’utilisent après chaque sortie pour réhydrater l’épiderme mis à mal par le sel, les rayons brûlants du soleil et l’alizé. De part ses propriétés antiseptiques et calmantes, le mōno'i calme aussi les imprudentes victimes de coups soleil.



Le mōno'i intervient également dans la pharmacopée traditionnelle. Lorsque l'on y adjoint des extraits d'autres plantes, c'est un onguent utilisé en soins externes, en massages ou remèdes appliqués sur la peau. Ces recettes traditionnelles se transmettent ainsi dans les familles de génération en génération.
Ainsi, depuis la nuit des temps, l'art du massage au mōno'i, le taurumi, est pratiqué en Polynésie. Elément important de la médecine traditionnelle des Polynésiens ou rā’au tahiti, de leur philosophie et de leurs coutumes, le taurumi est réputé soigner à la fois le corps, l'esprit et l’âme. Il allie le toucher à la spiritualité, l’énergie et la parole. Taurumi signifie apposer, poser les mains en palpant, en massant.
Le rituel du taurumi mōno'i est aujourd’hui pratiqué dans les Spas les plus luxueux. Imaginez-vous allongé à fleur d’eau, le corps baigné de soleil, au milieu d’un lagon turquoise... Imaginez les mains expertes vous massant doucement avec cette huile qui vous enveloppe d’un voile parfumé.
La Polynésie française est la destination idéale pour vivre cette évasion sensorielle. On y pratique de véritables rituels de soins où traditions ancestrales et savoir-faire polynésiens d'aujourd'hui se mêlent à la perfection en des instants magiques inoubliables.
C'est un véritable rêve éveillé qui bouscule les sens, dans les senteurs enivrantes du mōno'i tiare tahiti.




La Route du mōno'i




Le Groupement Interprofessionnel du Monoï de Tahiti (G.I.M.T.), appelé aussi Institut du Monoï, a pour missions de développer la connaissance sur  ce produit d'appellation contrôlée, d'en faire la promotion et d'assurer sa protection. "Nous avons pris conscience que le mono'i était de moins en moins présent dans le paysage polynésien", explique Eric Vaxelaire, le directeur du G.I.M.T., après avoir indiqué que la Route du Monoï fait suite à la mise en place, dès 2007, de "Monoï Here, la semaine du Monoï", un espace inédit de découvertes et d'échanges désormais annuel.
En complément de cet événement, l'Institut du Monoï a inauguré,(…) en présence des autorités du Pays, la première route touristique en Polynésie française, une animation à l'année baptisée la Route du Monoï. Un projet élaboré depuis deux ans avec le soutien du ministère de l'Economie rurale et supporté par l'ensemble de l'industrie touristique et la CCISM.
L'idée d'une route touristique n'est pas nouvelle. On connaît ainsi la route du fromage, la route du vin, la route de la lavande..., mises en place en de nombreuses régions de France. Mais ses concepteurs ont souhaité développer une animation proposant dans un ensemble cohérent les principaux atouts qu'offrent la Polynésie française : la culture ma'ohi, les ressources naturelles et la biodiversité de ses archipels, et la population.
Cette route est donc destinée à présenter aux visiteurs la richesse de la culture polynésienne, de ses communautés et d'un produit unique qui associe le traditionnel et le moderne, "dans un constant souci de valorisation réciproque".
(…), sur l'île de Tahiti, il est donc possible de partir à la rencontre des personnes qui détiennent le secret de la fabrication de cette huile précieuse et s'initier aux rituels de beauté polynésiens, entre nature, culture et art du soin.
22 arrêts à la carte sont répartis autour de trois thèmes : la botanique (8), pour un voyage au cœur de la nature ; la fabrication (9) pour une rencontre avec ceux qui fabriquent le mono'i traditionnel et le Mono'i de Tahiti, appellation d'origine ; et l'utilisation (5) pour s'initier aux rituels de soins polynésiens.
(tahiti-presse 03-06-2010)


Le paréo


Il a fait le tour de la terre, comme tatouage, mana, tabou et bien d’autres. Ce mot magique fait partie du patrimoine mondial. A Tahiti, il est au-delà des modes, des sexes, des classes sociales, au-delà du temps. 
Le paréo, pāreu de son appellation d'origine tahitienne, c’est le vêtement dans sa plus simple expression. Un tissu d’environ 1m80 sur 1m10, savamment enroulé autour du corps, la tenue idéale pour tous les moments de la journée.
Avant l’arrivée des Européens en Océanie, les pagnes des premiers Polynésiens étaient faits de tapa. Cette étoffe fabriquée à partir de fibres végétales tirées de l’écorce de certains arbres ou arbustes, assouplies par macération et battage, était utilisée comme tissu. Ces pāreu anciens étaient décorés avec des pigments naturels, de dessins à main levée figurant des motifs géométriques ou végétaux ou bien souvent unis et sans décoration.

Les cotonnades européennes ont d’emblée séduit les Polynésiens et ont été mises au goût du moment. Dessins et couleurs sont devenus les symboles des archipels qui les avait adoptés : les chemises sont hawaïennes, les pāreu sont tahitiens. Toutes les splendeurs du fenua, la terre polynésienne, sont représentées sur ce merveilleux vêtement. Les fleurs aux couleurs éclatantes, les poissons aux reflets étincelants. Les motifs de tatouage s’y étalent ainsi que les cartes des îles et des atolls aux noms évocateurs. Les pāreu sont à la mode et se parent de franges, de broderies, s’enrichissent de sequins tintant à chaque mouvement. Le pāreu est unisexe. Les hommes le nouent à la façon d’un short moulant qui leur permet de nager ou de monter aux cocotiers pour y chercher les précieuses noix. Les femmes l’adaptent à tous les moments de la journée et le gardent même quand la fraîcheur de la nuit se fait sentir. Il y a de multiple façons de s’en draper. Des livres entiers sont consacrés à cette savante opération.
Le pāreu se porte serré autour de la taille ou sur les hanches, drapé et noué derrière la nuque, attaché sur une épaule lorsqu'il devient robe longue. La coquetterie et l’ingéniosité sont infinies. Mais il se noue sans boucle, sans épingle, sans système d’aucune sorte. Il est serré et ajusté au rythme des mouvements durant la journée et il est mis à rude épreuve quand vient le soir et que toute l’énergie est dédiée à la « bringue » et à ses tāmure endiablés.
Les tableaux des peintres, les photographies, les cartes postales le mettent toujours à l’honneur tant il est présent dans le quotidien et évocateur de bien-être, d'aisance, de volupté et d'élégance.

En 2009 l’OPT - Polynésie  Française  a dédié à ce tissu ces trois  beaux timbres


Le Tifaifai


Le tifaifai c’est l’art du patchwork, adapté par les Polynésiennes. C’est l’art de la patience et de l’économie merveilleusement sublimé par des générations de femmes emplies de tendresse et de savoir-faire. Le tifaifai c'est tout le Pacifique cousu sur un tissu.
 Son origine est commune à toute l’Océanie : ce sont les femmes de missionnaires qui on enseigné la technique du patchwork aux peuples du Pacifique nouvellement christianisés.
Au dix-huitième siècle, les missionnaires protestants accompagnés de leurs épouses vinrent évangéliser les îles du Pacifique. Les femmes emportaient dans leurs malles quantité de tissu, matière nouvelle en Polynésie où le tissage était inconnu, faute de plantes fournissant des fibres ou d’animaux à poils longs. Ces cotonnades devinrent des robes longues et austères tandis que les précieuses chutes furent appliquées avec passion sur de plus grandes pièces d’étoffe pour donner naissance aux tifaifai.
Le tifaifai occupe aujourd’hui une place prépondérante dans la vie sociale et religieuse polynésienne. Il est l’incontournable objet de décoration intérieure et sa présence est essentielle pour les grandes occasions de la vie : naissance, mariage, décès.
Les tifaifai peuvent mesurer trois mètres sur trois, demandent une grande précision et sont l’affaire d’un groupe de femmes. Certains tifaifai confectionnés pour d’importantes occasions comportent plusieurs milliers de minuscules pièces de tissu et demandent plusieurs mois de travail.
Les Polynésiennes ont adopté le tifaifai dans leur quotidien. Tout comme elles pratiquaient en groupe, le battage du tapa, cette étoffe végétale tirée de l’écorce de certains arbres, elles conservèrent, avec l’élaboration des tifaifai, l’aspect convivial du travail réalisé en commun.
Les motifs utilisés pour orner les tapas étaient souvent tirés du monde végétal. Il s’agissait de feuilles d’arbre à pain ou de fougères enduites de pigments et appliquées sur le tapa.


La tradition a continuée et les motifs actuels des tifaifai reproduisent la luxuriance de la flore polynésienne. On y admire les fleurs d’hibiscus, de jasmin, de tiare, les ananas et toujours les fougères et les feuilles et fruits du mythique arbre à pain. La modernisation de l’art du tifaifai et le savoir-faire des artisanes ont permis d’ajouter de nouveaux motifs empruntés au tatouage ou à la vie marine.
Les couleurs, elles aussi, ont changé. Plutôt sobres par le passé, elles évoluent de nos jours dans des gammes chatoyantes. Certaines fois elles deviennent même mode, voire « tendance » pour la plus grande joie des acheteurs !

Il existe principalement deux techniques de composition. Le tifaifai pu, où les motifs sont constitués de petits morceaux d’étoffe disposés comme une mosaïque et représentant des motifs géométriques comme des losanges, des étoiles, et le tifaifai pa’oti. Sur ce dernier, les motifs plus grands, représen¬tant des fleurs ou des fruits sont découpés de façon très symétrique et cousus « en applique » sur un large tissu. Le peintre Matisse s’inspira de ces tifaifai pa’oti qu’il avait admiré durant son séjour en Polynésie pour créer ses tableaux et ses découpages aux grands aplats de couleur.