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mardi 2 août 2011

Histoires de fantômes



Souvenir du passé

Au milieu de la nuit, au moment où tout le monde dort, ou du moins devrait dormir, on entend quelquefois des bruits insolites du coté de l'entrée du musée de Tahiti situé à la pointe des pêcheurs. De lourds claquements métalliques rompent le silence nocturne comme si des chaines s'entrechoquaient. D'après les anciens, ces sons venus de nulle part, proviendraient de prisonniers attachés par de lourdes chaines qui auraient séjournés dans une geôle située à cette pointe des pêcheurs.

La belle mère revancharde

Les rapports avec les belles-mères sont souvent tendus. Mais dans cette famille du quartier de Titioro à Papeete, ils étaient particulièrement houleux. Aussi, lorsque la belle mère marquisienne, une petite femme de caractère, décède de sa belle mort, la fille et le gendre pensaient enfin pouvoir convoler en toute tranquillité. Mais la belle-mère n’avait pas dit son dernier mot et chaque nuit elle venait perturber l’intimité du couple en déplaçant des meubles ou en fermant bruyamment des portes.
La situation était invivable et n’en pouvant plus, le gendre et un ami se glissent de nuit dans le cimetière à coté du temple de Titioro. Ils commencent par ouvrir la sépulture mais n’y arrivent pas. A chaque tentative, la pelle et la barre à mines qu’ils serraient fortement leur glissent des mains. Enfin en insistant, ils réussissent à ouvrir le cercueil et voient une petite femme encore vivante, les yeux bien ouverts qui déclare d’une voix ferme à son gendre Si tu avais été seul, je t’aurais mangé ». Le gendre pris la barre à mine et lui perça le cœur. 
Depuis la maison est calme.




La femme enceinte de Taravao



 A la sortie de Taravao, bien cachée dans les collines se trouve une pierre à accoucher dénommée « vahi titohiraa hapu ».
A cet endroit, on entend de temps en temps une femme qui pleure.
Ce jour là, Hiro qui vient de la ville, entend ces pleurs et se lève d'un bond pour secourir cette femme en détresse. Son copain lui fait signe de se rasseoir, de ne pas bouger et d'attendre. « cool, cool, mon pote ! ». Effectivement quelques minutes plus tard, on n'entend plus les gémissements mais des cris de bébé. « Voilà, c'est fini, elle a accouché ! », tu peux bouger maintenant.
On entend également les gémissements de cette femme enceinte dans la vallée de la Vaihiria et dans plusieurs autres lieux de Tahiti.

Le chien du Tahara'a

Dans la descente du Tahara'a vers Arue, non loin des arbres qui puent (Antidesma bunius), de nombreux accidents ont eu lieu. Ce qui n’est pas vraiment surprenant lorsque l’on voit la vitesse de certains véhicules vétustes qui coupent au plus serré dans les virages en empiétant complètement sur la voie de gauche. Mais certains accidentés ont dit avoir vu un chien géant sortir précipitamment de la rivière et vouloir traverser la route. Pour l’éviter, ils ont donné un grand coup de volant et se sont retrouvés dans le décor.


Les petits hommes du lac Vaihiria



Il y a environ quarante années, une bande de copains originaire des Tuamotu décide d'organiser le dimanche suivant un pique nique au bord du lac bleu de Vaihiria. La montée s'effectue à pieds dans le lit de la rivière, la route n'existant pas encore. L'endroit est magnifique, bordé d'énormes opuhi rouges ou de forêts de bambous. Au bout de trois heures l'unique lac de Tahiti est atteint. Les marcheurs fatigués s'allongent sur l'herbe et s'endorment au bord du lac. Dans un demi-sommeil, l'un des randonneurs sent quelque chose lui chatouiller le pied. Il secoue la jambe pour chasser l'insecte qui vient l'importuner et se rendort paisiblement. Mais quelques temps plus tard, il est réveillé de nouveau par des chatouilles sur sa jambe. Il ouvre péniblement un œil et voit unvarua, un tout petit bonhomme de 15 centimètres tout au plus, avec une tête deux bras et deux jambes. Il cherche à l'attraper, mais celui ci s'enfuit et va s'engouffrer entre deux pierres. Un rêve ? Et bien non !


dimanche 10 juillet 2011

Tahiti et ses îles à l'honneur dans les médias internationaux


La destination Tahiti et ses îles a bénéficié d’une large couverture presse auprès des médias internationaux en juin et juillet. Ces retombées médiatiques sont les résultats de projets initiés par Air Tahiti Nui, Tahiti Tourisme, et les partenaires hôteliers depuis le début de l’année. Parmi ces différents médias, le GIE Tahiti Tourisme cite, dans un communiqué, Marie-Claire France, Fashion Television (Canada), Vanity Fair (Italie), ainsi que plusieurs organes de presse venus couvrir les festivités du Heiva. L'émission Télématin de France 2 prépare ainsi trois reportages sur le Heiva, l'artisanat et la perle de Tahiti, lesquels seront diffusés en septembre et novembre prochains. En 2010, 667 journalistes sont venus réaliser des reportages en Polynésie.
Publié le 9 juillet 2011  dans Tahiti Presse  

jeudi 13 janvier 2011

Sport : va'a

Parmi les activités sportives s’enracinant dans la société pré-européenne, la pratique de la pirogue à balancier ou va’a se démarque. Depuis le début des années 70, le va’a connaît un spectaculaire renouveau. Il rassemble, aujourd’hui, plus de 5 000 polynésiens au sein de la fédération tahitienne de va’a. Plus largement, c’est une pratique de masse avec environ 30 000 adeptes réguliers. Course par étape entre les Iles Sous-le-Vent en va’a ono (équipage de six), la "Hawaiki Nui Va'a" est ainsi devenue l’événement sportif majeur du pays, chaque année, vers la fin octobre.

mardi 11 janvier 2011

Tiki Village


C'est sur l'île de Moorea, face à Tahiti, qu'est situé, au bord du lagon, le Tiki Village Théâtre, refuge de tranquillité à la nature préservée. Dans ce village des artistes et des  artisans tahitiens vivent et  se produisent dans les fare
Dans un cadre idyllique les polynésiens aiment  faire découvrir et partager leur culture, leur art et leurs danses. De l'art des tatouages à celui du traditionnel four tahitien en passant par les différents tressages ou sculptures et les grandes fêtes et spectacles avec de grandes soirées tahitiennes et des spectacles animés par  artistes, musiciens, danseurs et les célèbres danseurs de feu.

Au Tiki Village on organise les mariages traditionnels , célébrés face au lagon, sur le Marae.



dimanche 9 janvier 2011

Le mariage


Dans la société polynésienne  traditionnelle  d’autrefois, le mariage polynésien répondait à des règles et à des rituels précis. Il marquait, de fait, l’entrée dans l’âge des responsabilités. Dès lors que deux jeunes gens avaient décidé de s’unir, il leur fallait obtenir d’abord l’assentiment de leurs parents respectifs. Plus il y avait de biens ou de pouvoir en jeu, plus les négociations étaient serrées et compliquées. Il n’était pas question de se marier en dehors de sa caste (ou classe sociale), au risque d’être déchu de son rang et de ses privilèges.
Si les rites étaient un tant soit peu différents, et surtout d’un prix de revient très différent, suivant la caste à laquelle appartenaient les futurs époux, le fondement religieux et l’importance de l’engagement étaient les mêmes pour tout le monde.
En Polynésie comme ailleurs, plus l’enjeu était important et plus les mariages «arrangés» étaient fréquents.
L’union maritale, par exemple, pouvait servir à mettre un terme à des guerres tribales, à asseoir le pouvoir d’une famille sur un autre territoire que le sien, à construire ou augmenter des fortunes en unissant des propriétés foncières, en associant des titres de « noblesse », etc…
Des négociations avaient donc lieu entre les familles des prétendants afin de définir les termes de ce mariage et l’apport de chacun des partis dans la corbeille nuptiale. En plus de nouer des alliances politiques et sociales, le mariage créait un ensemble d’obligations réciproques par des échanges de biens et de services entre les familles. Ces obligations s’étendaient tout au long de la vie des mariés mais aussi sur plusieurs générations.
Le rituel prénuptial
Une fois un accord établi, chacune des deux familles plantaient une branche de tī (plante sacrée servant aujourd’hui à faire des haies) devant leurs fare. Cet acte symbolique rendait la promesse sacrée. Dès lors, les préparatifs du mariage pouvaient commencer.
Le matin du premier jour de la cérémonie, la famille et les amis de la future mariée se rendaient, sans elle, chez le fiancé. Si, en raison de l’éloignement, le trajet nécessitait de naviguer sur le lagon, voire en haute mer, des pirogues étaient construites spécialement pour l’évènement. Arrivée à destination, la délégation procédait à la remise des cadeaux selon un rituel et un ordre définis par le rang de chacun des membres de cette délégation. Ensuite, la famille de la future mariée rentrait chez elle et chacun s’affairait aux derniers préparatifs de la cérémonie qui se déroulaient le lendemain. Il était primordial que l’union soit bénie par les Dieux. C’est donc sur le marae de la famille - en général de la lignée du futur époux- que se déroulait le rituel religieux du mariage.
Une cérémonie codifiée
Après avoir revêtu les atours les plus somptueux possibles et parés de bijoux, de coquillages et de couronnes de fleurs, le jeune couple, escorté par toute une procession, se présentait devant le prêtre pour la cérémonie proprement dite.
Au cours de celle-ci, il fallait tout d’abord rappeler la lignée des ancêtres de chacun des deux futurs époux puis rendre grâce aux Dieux les plus importants, mais aussi à ceux qui apportaient leur protection à chacune des deux familles comme à ceux à qui était dédié le marae. Ensuite seulement le grand prêtre procédait à la bénédiction des époux, rendant ainsi leur union sacrée, officielle et indéfectible.
Ce n’est qu’après cette très longue cérémonie au cours de laquelle étaient faites de nombreuses offrandes aux différentes divinités invoquées, offrandes pouvant aller jusqu’au sacrifice d’animaux, que les festivités pouvaient commencer.
Ces festivités étaient organisées autour d’un grand tāmā'ara'a (banquet) agrémenté par des chants et danses. Les jeunes époux trônant aux places d’honneur.
Dans la société contemporaine
Comme pour tous les ressortissants de nationalité française, le mariage en Polynésie française, est d’abord un engagement civil validé par le maire de la commune ou par un des ses adjoints. Puis, pour les croyants, ce qui est le cas de la quasi-totalité de la population de nos îles, cet engagement est béni au cours d’une cérémonie religieuse soit catholique, soit protestante, les deux principales confessions du pays. Chaque année, environ 1 000 mariages sont célébrés. Le mariage reste donc une institution solide dans la société polynésienne.
Bien que les religions traditionnelles ne soient plus pratiquées et que l’essentiel de la mémoire des rites qui les caractérisaient ait été perdu, de nombreux hôtels et structures touristiques du pays organisent des cérémonies de mariage d’inspirations traditionnelles. Ces cérémonies n’ont, bien sûr, qu’une valeur symbolique et non légale. Mais reprenant une partie des rituels et des fastes déployés lors des mariages traditionnels de haut rang, elles connaissent auprès des visiteurs un franc succès.
Célébrités et personnalités sont ainsi de plus en plus nombreuses à venir, symboliquement, convoler sur ces îles. Se sont ainsi mariées des stars telles qu’Eddy Barclay, Mickey Rourke, Dustin Hoffman, et   Eddie Murphy sur l’île de Bora Bora.
Les mariés arrivent sur le lieu de la cérémonie en pirogue, accueillis au son d’un groupe de chants. Revêtus de costumes traditionnels et parés de colliers de fleurs, ils sont unis par un tahu’a, un prêtre dans la religion pré européenne.
Comme dans les temps anciens, un drap appelé tāpo'i recouvre les mariés qui reçoivent les souhaits des invités. La présence d’un groupe de danse, une balade en pirogue sur le lagon agrémentent souvent les festivités qui se tiennent de surcroît, sur des plages ou des motu. Un «certificat» de mariage écrit sur un tapa (étoffe fabriquée à partir d’écorce d’arbre) est souvent remis à cette occasion.
Exotisme, fastes, rituels et décors paradisiaques se conjuguent donc pour assurer le succès et la renommé de ces mariages polynésiens encore imprégnés du goût des festivités et de la convivialité qui caractérisaient et caractérisent encore la société polynésienne.


En plus de l’attrait que représentent ces mariages, la puissance du mythe entourant la destination et le romantisme qui y est attaché ont fait de Tahiti et ses îles, une destination privilégiée pour les voyages de noce. Environ 30 % des touristes, soit environ 66 000 personnes par an, viennent en Polynésie française passer leur lune de miel. Cette clientèle dite de « honeymooners » est répartie, quasiment au tiers près, entre Nord-Américain, Européen et Japonais. Pour ces derniers, Tahiti est fortement liée d’un voyage de noce.
Il est fréquent que les jeunes mariés de tous ces pays associent à ces lunes de miel, la tenue d’un mariage traditionnel, apportant ainsi une touche romantique et exotique supplémentaire à leur séjour.



Le surf

Horue en tahitien est une notion commune à plusieurs langues polynésiennes qui exprime entre autres significations, les profondeurs de l'océan que le creux d'une grande vague nous laisse entrevoir. C'est sans doute pour cette raison que par dérivation elle signifie aussi glisser sur une déferlante et aujourd'hui "surfer".  Tombée en désuétude, fa'ahe'e (c'est-à-dire faire glisser) est le terme le plus utilisé actuellement,  ‘iri fa'ahe'e désignant la planche de surf.
Le horue, ce passetemps et divertissement polynésien fut décrit pour la première fois par un des lieutenants du capitaine Cook - aux îles Hawaï, en 1779. Mais il était également pratiqué dans les îles de l’archipel de la Société comme en témoigne James Morrison, un des matelots déserteurs du Bounty, en 1788 : «Pour cet amusement, ils prennent une planche d’une longueur variable et nageant jusqu’à la naissance de la houle attendent la formation d’une vague, quelquefois à plus d’un mille du rivage, et s’étendant à plat ventre sur la planche se tiennent sur l’arrête de la vague de façon à avancer avec elle avec une rapidité extraordinaire. Hommes et femmes excellent dans ce sport et certains sont même capables de se tenir debout sur la planche.»
( Morisson James, «Journal de James Morisson second maître à bord de la " Bounty ».
Traduit de L'anglais par B. Jaunez. Coll. Publication de la société des Océanistes, N 16, Musée de l'Homme. 1966)


Au même titre que les autres jeux et divertissements qui se pratiquaient sur l'eau ou sur la plage comme le tōtōie, le tītīra'ina, le 'aumoa, le pāuma, la pratique du horue participait à l'entraînement des jeunes gens issus des lignées de ari'i, de hiva et de toa dans leur long apprentissage de la navigation: mieux connaître et mieux maîtriser les vents, les houles, les courants, profiter de la puissance des vagues et de la houle pour aller plus vite en apprenant à faire glisser au mieux son embarcation sur le ventre de l'océan. Avec la disparitions de ces lignées socio-politico-religieuses, les populations conservèrent ces jeux qu'ils continuèrent de transmettre aux jeunes générations dans le cadre de compétitions inter-communautaires. Procédés ludiques d'apprentissage et d'entraînement à la navigation, ils devinrent de véritables disciplines sportives de compétition ouvertes à toutes et à tous. A l’époque de Cook, il semble que les Polynésiens utilisaient déjà trois types de planches différents et que leur fabrication répondait à des critères précis inhérents aux compétences à acquérir en terme de glisse.

Avec la colonisation et l’évangélisation des îles polynésiennes, le surf tomba dans l’oubli et fut dévalorisé. Pour la nouvelle religion dominante, il n’était pas convenable de perdre son temps à un tel jeu qui se pratiquait, de surcroît, quasi nu dans l’eau, tant pour les hommes que pour les femmes. Il faudra attendre les années 1920, notamment sous l’impulsion déterminante du Hawaiien Duke Kahanamoku, pour que le surf retrouve ses lettres de noblesses. C’est ainsi qu’une pratique traditionnelle polynésienne a acquis une dimension internationale dans les années 1950-1960 ; devenant, ensuite, un réel sport dans la décennie suivante pour finalement s’imposer comme un véritable style de vie dans les années 1980-90.


Quasiment au centre du plus vaste océan de la planète, les îles polynésiennes sont exposées aux puissantes houles sillonnant le Pacifique. La saison de surf ne connaît donc pas d’interruption.
A peu de distance du rivage, la profondeur de l’océan atteint déjà plusieurs kilomètres car les îles sont les sommets émergés d’anciens volcans. N’étant pas freinées par un relèvement progressif des fonds marins, les houles déferlent brutalement sur les côtes où sur les barrières récifales formant des vagues parmi les plus parfaites et les plus belles du monde. En plus de leur limpidité, les eaux polynésiennes se caractérisent aussi par leur température élevée oscillant entre 23° et 26°. L’ensoleillement très important caractérisant le climat polynésien constitue également un atout non négligeable avec une température moyenne annuelle de 28° environ.

Pays de surf, la Polynésie française compte des grandes figures de cette discipline : Vetea David, premier Polynésien à conquérir le titre de champion du monde junior et qui évoluera pendant 10 ans dans le circuit professionnel; Arsène Harehoe, champion de France en 1983 ; Hira Teriinatoofa, champion du monde amateur ISA en 2004 et aussi Patricia Rossi championne d’Europe en 2000. De nouvelles générations de champions prennent la relève tel Tamaroa Mc Comb, champion du monde junior en 2008 et Michel Bourez, champion d’Europe junior en 2006.
En dehors des circuits de compétitions, les surfeurs polynésiens tel Manoa Drollet, Vetea David, Arsène Harehoe et Raimana Van Bastolaer sont réputés pour la qualité de leur surf, notamment sur les grosses vagues.
Le surf est l’une des activités sportives les plus prisées des Polynésiens. On estime à 20 000, le nombre de surfeurs réguliers dans le pays.
Au-delà du simple loisir sportif, le surf est un véritable phénomène de société. Toute une économie s’est développée autour de cette activité : de la fabrication des planches, les "shapers", aux lignes de vêtements spécifiques en passant par des accessoires. Le surf est présent partout faisant de Tahiti & ses Iles un réel pays de la glisse.
Tout au long de l’année se déroulent une multitude de compétitions.
De plus en plus de surfeurs étrangers passionnés viennent effectuer des «surf-trip». Louant des bateaux et épaulés par des guides-surfeurs locaux, ils partent à la découverte de «spots» inexplorés ou peu connus notamment dans les archipels éloignés comme les Australes, les Marquises et les Tuamotu.

Le mōno'i (et la Route du mōno'i )


Depuis deux millénaires, le mōno'i, terme emprunté par la langue française et devenu ainsi monoï, perpétue l'image de la beauté des vahine qui l'utilisent pour le soin quotidien de leur chevelure et de leur peau. La notion de mōno'i se compose de deux termes premiers: mō est un terme-concept qui renvoie à l'état de civilisation, de culture, au raisonnement par opposition à la sauvagerie et à l'état de nature non civilisée. Le deuxième terme no'i renvoie quant à lui à la notion de mélange, de mixture, d'association. On obtient ainsi mōno'i, nom donné à cette fameuse "huile parfumée" dont la préparation mythique et respectée reproduit des gestes magiques ancestraux et séculaires ainsi que des ingrédients précieux et prestigieux. D'où son utilisation lors de rites sacrés pratiqués dans les archipels des mers du sud. Ce produit de beauté, de thérapie, de soin, d'échange prestigieux, traditionnel, naît du fin mélange de deux produits, grands symboles du patrimoine polynésien : la noix de coco et la fleur de tiare tahiti principalement. 
La base du mōno'i est une huile obtenue par pression à chaud de l’amande séchée de la noix de coco «mûre» provenant du cocotier Cocos Nucifera.



Le tiare tahiti —Gardenia Tahitientis— est un petit arbuste de la famille des rubiacées qui fleurit toute l’année. Ses fleurs régulières d’un blanc neigeux se détachent par contraste sur le vert profond des feuilles vernissées à bords lisses. Emblème de l'île dont il porte le nom, le tiare tahiti possède un parfum unique, puissant et suave, qui envoûte immédiatement le voyageur...
Le mōno'i s’obtient par macération de la tiare, fraîchement cueillie et récoltée l'après-midi, dans une huile de coco préalablement raffinée durant deux à trois semaines.
Il est utilisé au quotidien par toute la famille. Les mamans aiment en oindre les bébés après le bain pour les protéger du froid et assouplir leur peau. Les surfeurs et plongeurs l’utilisent après chaque sortie pour réhydrater l’épiderme mis à mal par le sel, les rayons brûlants du soleil et l’alizé. De part ses propriétés antiseptiques et calmantes, le mōno'i calme aussi les imprudentes victimes de coups soleil.



Le mōno'i intervient également dans la pharmacopée traditionnelle. Lorsque l'on y adjoint des extraits d'autres plantes, c'est un onguent utilisé en soins externes, en massages ou remèdes appliqués sur la peau. Ces recettes traditionnelles se transmettent ainsi dans les familles de génération en génération.
Ainsi, depuis la nuit des temps, l'art du massage au mōno'i, le taurumi, est pratiqué en Polynésie. Elément important de la médecine traditionnelle des Polynésiens ou rā’au tahiti, de leur philosophie et de leurs coutumes, le taurumi est réputé soigner à la fois le corps, l'esprit et l’âme. Il allie le toucher à la spiritualité, l’énergie et la parole. Taurumi signifie apposer, poser les mains en palpant, en massant.
Le rituel du taurumi mōno'i est aujourd’hui pratiqué dans les Spas les plus luxueux. Imaginez-vous allongé à fleur d’eau, le corps baigné de soleil, au milieu d’un lagon turquoise... Imaginez les mains expertes vous massant doucement avec cette huile qui vous enveloppe d’un voile parfumé.
La Polynésie française est la destination idéale pour vivre cette évasion sensorielle. On y pratique de véritables rituels de soins où traditions ancestrales et savoir-faire polynésiens d'aujourd'hui se mêlent à la perfection en des instants magiques inoubliables.
C'est un véritable rêve éveillé qui bouscule les sens, dans les senteurs enivrantes du mōno'i tiare tahiti.




La Route du mōno'i




Le Groupement Interprofessionnel du Monoï de Tahiti (G.I.M.T.), appelé aussi Institut du Monoï, a pour missions de développer la connaissance sur  ce produit d'appellation contrôlée, d'en faire la promotion et d'assurer sa protection. "Nous avons pris conscience que le mono'i était de moins en moins présent dans le paysage polynésien", explique Eric Vaxelaire, le directeur du G.I.M.T., après avoir indiqué que la Route du Monoï fait suite à la mise en place, dès 2007, de "Monoï Here, la semaine du Monoï", un espace inédit de découvertes et d'échanges désormais annuel.
En complément de cet événement, l'Institut du Monoï a inauguré,(…) en présence des autorités du Pays, la première route touristique en Polynésie française, une animation à l'année baptisée la Route du Monoï. Un projet élaboré depuis deux ans avec le soutien du ministère de l'Economie rurale et supporté par l'ensemble de l'industrie touristique et la CCISM.
L'idée d'une route touristique n'est pas nouvelle. On connaît ainsi la route du fromage, la route du vin, la route de la lavande..., mises en place en de nombreuses régions de France. Mais ses concepteurs ont souhaité développer une animation proposant dans un ensemble cohérent les principaux atouts qu'offrent la Polynésie française : la culture ma'ohi, les ressources naturelles et la biodiversité de ses archipels, et la population.
Cette route est donc destinée à présenter aux visiteurs la richesse de la culture polynésienne, de ses communautés et d'un produit unique qui associe le traditionnel et le moderne, "dans un constant souci de valorisation réciproque".
(…), sur l'île de Tahiti, il est donc possible de partir à la rencontre des personnes qui détiennent le secret de la fabrication de cette huile précieuse et s'initier aux rituels de beauté polynésiens, entre nature, culture et art du soin.
22 arrêts à la carte sont répartis autour de trois thèmes : la botanique (8), pour un voyage au cœur de la nature ; la fabrication (9) pour une rencontre avec ceux qui fabriquent le mono'i traditionnel et le Mono'i de Tahiti, appellation d'origine ; et l'utilisation (5) pour s'initier aux rituels de soins polynésiens.
(tahiti-presse 03-06-2010)


Le paréo


Il a fait le tour de la terre, comme tatouage, mana, tabou et bien d’autres. Ce mot magique fait partie du patrimoine mondial. A Tahiti, il est au-delà des modes, des sexes, des classes sociales, au-delà du temps. 
Le paréo, pāreu de son appellation d'origine tahitienne, c’est le vêtement dans sa plus simple expression. Un tissu d’environ 1m80 sur 1m10, savamment enroulé autour du corps, la tenue idéale pour tous les moments de la journée.
Avant l’arrivée des Européens en Océanie, les pagnes des premiers Polynésiens étaient faits de tapa. Cette étoffe fabriquée à partir de fibres végétales tirées de l’écorce de certains arbres ou arbustes, assouplies par macération et battage, était utilisée comme tissu. Ces pāreu anciens étaient décorés avec des pigments naturels, de dessins à main levée figurant des motifs géométriques ou végétaux ou bien souvent unis et sans décoration.

Les cotonnades européennes ont d’emblée séduit les Polynésiens et ont été mises au goût du moment. Dessins et couleurs sont devenus les symboles des archipels qui les avait adoptés : les chemises sont hawaïennes, les pāreu sont tahitiens. Toutes les splendeurs du fenua, la terre polynésienne, sont représentées sur ce merveilleux vêtement. Les fleurs aux couleurs éclatantes, les poissons aux reflets étincelants. Les motifs de tatouage s’y étalent ainsi que les cartes des îles et des atolls aux noms évocateurs. Les pāreu sont à la mode et se parent de franges, de broderies, s’enrichissent de sequins tintant à chaque mouvement. Le pāreu est unisexe. Les hommes le nouent à la façon d’un short moulant qui leur permet de nager ou de monter aux cocotiers pour y chercher les précieuses noix. Les femmes l’adaptent à tous les moments de la journée et le gardent même quand la fraîcheur de la nuit se fait sentir. Il y a de multiple façons de s’en draper. Des livres entiers sont consacrés à cette savante opération.
Le pāreu se porte serré autour de la taille ou sur les hanches, drapé et noué derrière la nuque, attaché sur une épaule lorsqu'il devient robe longue. La coquetterie et l’ingéniosité sont infinies. Mais il se noue sans boucle, sans épingle, sans système d’aucune sorte. Il est serré et ajusté au rythme des mouvements durant la journée et il est mis à rude épreuve quand vient le soir et que toute l’énergie est dédiée à la « bringue » et à ses tāmure endiablés.
Les tableaux des peintres, les photographies, les cartes postales le mettent toujours à l’honneur tant il est présent dans le quotidien et évocateur de bien-être, d'aisance, de volupté et d'élégance.

En 2009 l’OPT - Polynésie  Française  a dédié à ce tissu ces trois  beaux timbres


Le Tifaifai


Le tifaifai c’est l’art du patchwork, adapté par les Polynésiennes. C’est l’art de la patience et de l’économie merveilleusement sublimé par des générations de femmes emplies de tendresse et de savoir-faire. Le tifaifai c'est tout le Pacifique cousu sur un tissu.
 Son origine est commune à toute l’Océanie : ce sont les femmes de missionnaires qui on enseigné la technique du patchwork aux peuples du Pacifique nouvellement christianisés.
Au dix-huitième siècle, les missionnaires protestants accompagnés de leurs épouses vinrent évangéliser les îles du Pacifique. Les femmes emportaient dans leurs malles quantité de tissu, matière nouvelle en Polynésie où le tissage était inconnu, faute de plantes fournissant des fibres ou d’animaux à poils longs. Ces cotonnades devinrent des robes longues et austères tandis que les précieuses chutes furent appliquées avec passion sur de plus grandes pièces d’étoffe pour donner naissance aux tifaifai.
Le tifaifai occupe aujourd’hui une place prépondérante dans la vie sociale et religieuse polynésienne. Il est l’incontournable objet de décoration intérieure et sa présence est essentielle pour les grandes occasions de la vie : naissance, mariage, décès.
Les tifaifai peuvent mesurer trois mètres sur trois, demandent une grande précision et sont l’affaire d’un groupe de femmes. Certains tifaifai confectionnés pour d’importantes occasions comportent plusieurs milliers de minuscules pièces de tissu et demandent plusieurs mois de travail.
Les Polynésiennes ont adopté le tifaifai dans leur quotidien. Tout comme elles pratiquaient en groupe, le battage du tapa, cette étoffe végétale tirée de l’écorce de certains arbres, elles conservèrent, avec l’élaboration des tifaifai, l’aspect convivial du travail réalisé en commun.
Les motifs utilisés pour orner les tapas étaient souvent tirés du monde végétal. Il s’agissait de feuilles d’arbre à pain ou de fougères enduites de pigments et appliquées sur le tapa.


La tradition a continuée et les motifs actuels des tifaifai reproduisent la luxuriance de la flore polynésienne. On y admire les fleurs d’hibiscus, de jasmin, de tiare, les ananas et toujours les fougères et les feuilles et fruits du mythique arbre à pain. La modernisation de l’art du tifaifai et le savoir-faire des artisanes ont permis d’ajouter de nouveaux motifs empruntés au tatouage ou à la vie marine.
Les couleurs, elles aussi, ont changé. Plutôt sobres par le passé, elles évoluent de nos jours dans des gammes chatoyantes. Certaines fois elles deviennent même mode, voire « tendance » pour la plus grande joie des acheteurs !

Il existe principalement deux techniques de composition. Le tifaifai pu, où les motifs sont constitués de petits morceaux d’étoffe disposés comme une mosaïque et représentant des motifs géométriques comme des losanges, des étoiles, et le tifaifai pa’oti. Sur ce dernier, les motifs plus grands, représen¬tant des fleurs ou des fruits sont découpés de façon très symétrique et cousus « en applique » sur un large tissu. Le peintre Matisse s’inspira de ces tifaifai pa’oti qu’il avait admiré durant son séjour en Polynésie pour créer ses tableaux et ses découpages aux grands aplats de couleur.